Armée de terre


 


Service régional de l’inventaire de Lorraine

Infanterie

Le 163e régiment d’infanterie (Nice)

Plus de 250 morts du 163e RI figurent sur le monument aux morts de Nice.

Pour connaître le parcours du régiment niçois, voir l’excellent historique de 200 pages rédigé dans les années 1920 par le sous-lieutenant de réserve Astruc qui comporte en annexe la liste des officiers et hommes morts au champ d’honneur, des officiers et hommes décorés de la légion d’honneur, de la médaille militaire, de la croix de guerre avec palme.

Parmi les combattants célèbres du régiment, il convient de citer l’athlète marseillais Jean Bouin (1888-1914), à qui la ville de Nice a dédié un complexe sportif.

Un monument aux morts du 163e a été érigé à Flirey (Meurthe-et-Moselle).

… et son régiment de réserve, le 363e régiment d’infanterie

Sur le monument aux morts de Nice figurent une vingtaine d’hommes du 363e RI dont l’adjudant corse Hugues François de Peretti, croix de guerre avec palme, tombé à Senones.
Issu du 163e régiment d’infanterie, le 363e régiment d’infanterie remplace à la mi-août les troupes d’active du 163e pour garder les forts de la frontière franco-italienne ; il ne monte au front que le 14 septembre et va participer à la défense de la « ligne bleue des Vosges », notamment lors des combats d’Étival, Senones et Raon-l’Étape, au sein de la 41e Division d'Infanterie de septembre 1914 à septembre 1917, puis de la 161e Division d'Infanterie de septembre 1917 à novembre 1918.

Les combats les plus meurtriers pour les Niçois du 363e se sont déroulés à l’automne 1914 autour de Senones (secteur de la Poterosse) dans les Vosges, puis début 1916, non loin de là, à Raon-l’Étape, Bruyères (Vosges) et Badonviller (Meurthe-et-Moselle). Un cimetière abrite les morts du régiment sur la commune de Pierre-Percée (Meurthe-et-Moselle), dont l’entrée a été sculptée par le sculpteur mentonnais Sartorio. Ce bas-relief est classé monument historique depuis 1922.

En août 1916, les hommes du 363e sont engagés dans les combats de la Somme (Curlu, Hem-Monacu, Cléry, Cerisy-Gailly, Mossoul) avant d’être dirigés vers la Champagne en mai 1917 (Brimont, Châlons-sur-Vesle, Berméricourt, Tahure). En avril 1918, le 363e occupe le secteur « Balcon » (sud du ravin de Marson à Beauséjour), puis, de juillet à septembre, le secteur de Massiges. Le 26 septembre 1918, le régiment est engagé dans  l'attaque générale de l'armée Gouraud ; il franchit la Dormoise dans la matinée et continue sa progression les jours suivants. Il est retiré des combats le 6 octobre et cité à l'ordre de la IVe armée le 4 novembre 1918.

Un monument en l’honneur du 363e, qu’on doit également à Sartorio, a été érigé à Loivre (Marne) en 1930.

En novembre 1914, M. Michel Laugier a remis le fanion de la 13e compagnie du 363e Régiment d’infanterie à la Ville de Nice.

Voir le reportage vidéo

Le 111e régiment d’infanterie (Antibes)

Ce régiment et sa réserve sont les plus représentés sur le monument aux morts de Nice.

Au sein du XVe Corps de l’armée française, le 111e régiment d’infanterie quitte Antibes le dimanche 9 août 1914 et est engagé dès le 14 août dans le terrible combat de Moncourt en Moselle, puis dans la bataille de Dieuze (19 et 20 août). Il y subit d’irrémédiables pertes puis les avanies de la presse nationale suite aux accusations de lâcheté colportées par le sénateur Gervais dans le quotidien Le Matin. Le régiment sera dissous en mars 1916 après les combats du bois de Malancourt, près de Verdun.

Près de 140 morts du 111e RI figurent sur le monument aux morts de Nice.

Voir l’historique très succinct du 111e RI  qui s’achève par un état des officiers et hommes de troupe tués à l’ennemi de 1914 à 1916

… et son régiment de réserve, le 311e régiment d’infanterie

Issu du 111e régiment d’infanterie, le 311e régiment d’infanterie est placé au début du conflit sous l’autorité du commandant Montlbert et engagé dans la bataille du Grand-Couronné, au-dessus de Nancy (4-7 septembre).

Plus de 150 morts du 311e RI figurent sur le monument aux morts de Nice.

Le 112e régiment d’infanterie (Toulon)

Embarqué à Toulon pour la frontière les 7 et 8 août 1914, débarqué à Diarville (Meurthe-et-Moselle deux jours plus tard, le 112e passe la frontière de la Lorraine annexée le 14 août et se trouve engagé dans les batailles de Moncourt puis de Dieuze (à Bidestroff), au sein du XVe Corps.

Voir l’historique d‘une cinquantaine de pages publié à Aix-en-Provence après guerre

… et son régiment de réserve, le 312e régiment d’infanterie

Le 173e régiment d’infanterie (Corse)

Formé le 16 avril 1913 à Nice, le 173e régiment d’Infanterie est désigné pour tenir garnison en Corse à partir de septembre 1913. Occupant les casernes de Bastia, Ajaccio, Sartène-Bonifacio et Corte-Balagne, il est composé majoritairement de Corses est rapidement surnommé « le régiment des Corses ».

Le 9 août 1914, les quatre bataillons du 173e RI embarquent à Ajaccio à destination de Marseille. Ils sont ensuite dirigés dès le 10 août 1914 par voie ferrée vers l'est de la France et se déploient le 15 août 1914 au sud-est de Nancy, connaissant un bien triste baptême du feu à Dieuze le 20 août, au sein du XVe Corps.

En 1915, le régiment combat aux Eparges et en Champagne. En 1916, il est engagé dans la terrible bataille de Verduin, notamment à la cote 304 et au bois d’Avocourt.
Un mémorial a été érigé à Esnes-en-Argonne en l’honneur du 173e.

… et son régiment de réserve, le 373e régiment d’infanterie (Ajaccio, Bastia, Bonifacio)

Embarqués les 13, 16 et 17 septembre, les Corses du 373e RI sont engagés dans les combats de Raon-l’Etape fin septembre. Le régiment est dissous le 16 juin 1916, ses hommes répartis entre les 363e et 229e RI.

Voir l’historique très succinct publié à Bastia après guerre

Chasseurs

Une loi du 24 décembre 1888 a spécialisé certains bataillons de chasseurs à pied en bataillons « alpins » (les 6e, 7e, 11e, 12e, 13e, 14e, 22e, 23e, 24e, 28e et 30e bataillons de chasseurs) ; casernés dans les départements de l’Isère, Savoie, Haute-Savoie, Alpes-Maritimes, ces « Diables bleus » sont une figure emblématique du paysage militaire alpin et de l’imaginaire niçois, même si numériquement ils ont toujours été bien moins nombreux que les troupes d’infanterie classique.

Le 6e bataillon de chasseurs (Nice et Grenoble)

Le 6e BCA, parti aux manœuvres alpines dans la première quinzaine de juin, a connaissance de la tension politique dans les derniers jours de juillet.

Rappelé en toute hâte à Nice où il tient garnison, il y arrive le dimanche 2 août, vers 2 heures du matin et procède immédiatement à sa mobilisation. Dans l'après-midi, il occupe à l'extérieur de la ville les cantonnements prévus, en attendant une décision en ce qui concerne l'attitude de l'Italie.

Dès qu'il en reçoit l'ordre, le 6e bataillon de chasseurs, à l'effectif de 27 officiers et 1.690 sous-officiers, caporaux et chasseurs, formant six compagnies et une section de mitrailleuses, sous les ordres du commandant Lançon, quitte Nice en chemin de fer et débarque à Vézelise (Meurthe-et-Moselle), le 10 août 1914. Il est engagé à Dieuze et Morhange au sein de la IIe Armée les 18 et 20 août.

Voir le très copieux historique du 6e BCA paru à Paris en 1919, qui s’achève par la liste des officiers et hommes de troupe morts au combat 

… et son bataillon de réserve, le 46e bataillon de chasseurs

Voir l’historique du 46e BCA paru à Paris après guerre :

Le 7e bataillon de chasseurs (Nice, Antibes, Draguignan)

Le 7e BCA a notamment été engagé en 1915 dans les combats des Vosges alsaciennes, au Hartmannswillerkopf (Haut-Rhin) où est érigé un des quatre monuments nationaux de la Grande Guerre, destiné à devenir haut lieu d’amitié franco-allemande.

Voir l’historique du 7e BCA paru à Grenoble en 1923 qui comporte le tableau nominatif des officiers, sous-officiers et chasseurs tombés au champ d’honneur, ainsi les citations collectives du bataillon

… et son bataillon de réserve, le 47e bataillon de chasseurs

Voir l’historique du 47e BCA paru à Draguignan en 1920 qui comporte un tableau nominatif des officiers tombés au champ d’honneur 

Le 23e bataillon de chasseurs (Grasse)

Le 23e BCA qui venait de rentrer à Grasse, le 30 juillet 1914, après plusieurs semaines de marches et de manœuvres dans les vallées du Verdon et de la Durance, reçoit l'ordre de mobilisation, le 1er août 1914, à 16 h. 45. Dès le 2 au matin, les transports commencent et le bataillon rejoint, face à la frontière italienne, la région Touët de Beuil-La Vésubie.

Devant l'attitude amicale de l'Italie, le bataillon redescend par étapes sur le littoral et embarque en gare de Nice, le 12 août 1914. Débarqué le 13 août 1914 à Ceintrey, près de Nancy, il est engagé dans l’armée du général de Castelnau avec les 6e, 24e et 27e BCA dans la terrible bataille de Dieuze (19-20 août), sévère baptême du feu.

Voir l’historique du 23e BCA paru à Antibes après-guerre, avec une couverture illustrée par l’aquarelliste niçois Pierre Comba 

Le 24e bataillon de chasseurs (Villefranche-sur-Mer)

Le 24e BCA embarque le 10 août en gare de Nice et est engagé à Dieuze et Morhange au sein du XVe Corps les 18 et 20 août dans l’armée du général de Castelnau (XVe Corps).

Il s’est particulièrement illustré lors des combats des Vosges, notamment à Gaschney en Alsace.

Un monument aux vaillants chasseurs alpins du 24e BCA a été érigé à l’entrée de la citadelle de Villefranche. Un autre monument les honore à Gaschney (Haut-Rhin).

Voir l’historique du 24e BCA paru à Nancy après-guerre

… et son bataillon de réserve, le 64e bataillon de chasseurs

Le 27e bataillon de chasseurs (Menton)

Composé d’Ardéchois, de Provençaux et de Pyrénéens, le 27e BCA est aux manœuvres dans la région de Saint-Martin-Vésubie au moment de la mobilisation. Il embarque le 10 août en gare de Nice et est à Dieuze le 19 août dans l’armée du général de Castelnau (XVe Corps).

Il sera également présent à l’Hartmannswillerkopf en 1915, au Lingekopf en 1916, au Chemin des Dames en 1917.

Voir l’historique du 27e BCA paru à Nancy en 1937 qui comporte le tableau nominatif des officiers, sous-officiers et chasseurs tombés au champ d’honneur, ainsi les citations collectives du bataillon

 … et son bataillon de réserve, le 67e bataillon de chasseurs

Voir l’historique du 67e BCA paru à Paris après-guerre

Artillerie

Le 2e régiment d’artillerie de montagne (Nice)

Le 2e RAM a été créé à Nice le 1er mars 1910, sous le commandement du Lieutenant-colonel Falque.

Le plan de mobilisation prévoyait l'emploi des batteries dans les Alpes ; de ce fait, elles n'étaient pas comprises dans les transports de concentration, dits des 20 jours.

Par suite de la situation politique du moment aucune action militaire n'étant à prévoir sur la frontière des Alpes, les batteries du Régiment furent transportées dans les Vosges aussitôt que les mouvements prévus au plan de concentration furent terminés. Dès le 23 août, les premiers éléments ont quitté Nice pour le Nord-Est.

Voir l’historique du 2e RAM publié à Nice après-guerre

Groupes spéciaux

Le 15e groupe spécial du 40e RI (régiment d’infanterie)

Dès août 1914, des unités particulières, dites « Groupes spéciaux » furent mises sur pied pour servir d'unités mobiles de sécurité et de maintien de l'ordre en Algérie, en Tunisie et au Maroc et y remplacer les unités d'active de zouaves, de tirailleurs et d'infanterie légère d'Afrique mobilisées et parties en France.

Ces « Groupes spéciaux » furent tout d'abord constitués de réservistes des bataillons d'infanterie légère d'Afrique (B.I.L.A.). Un groupe spécial devait être composé de deux ou trois compagnies d'infanterie et d'une section de deux pièces d'artillerie de montagne (canons de 80 mm ou de 65 mm), voire d’un détachement de cavalerie (peloton de spahis ou de goumiers).

Le 15e groupe spécial du 40e RI a été engagé dans les combats du sud-tunisien de septembre 1915 à juin 1916 (Bir-Oum-Souigh, Dehibat).