L’architecte : Roger Séassal

Roger Pierre Honoré Séassal naît le 14 novembre 1885 à Nice, quartier Saint-Maurice, d’un père négociant ; il passe une partie de sa jeunesse à Antibes. Il décède le 6 mars 1967 à Paris XIVe.

Elève de l’école nationale d’arts décoratifs de Nice puis de M. Héraud, lauréat du Grand Prix de Rome d’architecture en 1913, pensionnaire de la villa Médicis en 1919, cet architecte est connu pour ses réalisations Art-Déco dans l’entre-deux-guerres avant d’évoluer vers le mouvement dit moderne dans les années 1950. Professeur à l'École nationale supérieure des beaux-arts, il est élu en 1960 au huitième fauteuil de l'Académie des beaux-arts, section architecture, comme successeur d’Henri Prost.

Lorsqu’il candidate pour le monument aux morts de Nice, Séassal est seulement à l’orée de sa brillante carrière et il vient de passer quatre ans et trois mois à l’armée. Il a été démobilisé avec le grade de lieutenant de réserve, la médaille du combattant et la croix de guerre avec trois citations. Engagé volontaire pour la durée de la guerre, il a notamment combattu pendant neuf mois à Verdun (février-novembre 1916).

C’est d’ailleurs sur proposition du ministère de la Guerre qu’il est fait chevalier de la Légion d’honneur en 1930, en qualité de lieutenant au centre de mobilisation d’artillerie, et non pour ses réalisations architecturales tandis que sa promotion au grade d’officier en 1949 se fera sur rapport du ministère de l’Education nationale en tant qu’architecte en chef des bâtiments civils et des palais nationaux. Il est alors domicilié au faubourg Saint-Honoré à Paris mais se fera remettre les insignes d’officier dans sa ville natale par le député-maire de Nice, Jean Médecin.

Séassal a en effet été conseiller municipal de Nice deux mandats durant (de mai 1929 à la deuxième guerre mondiale). En tant qu’adjoint au maire, il a été un des organisateurs de la visite présidentielle du président Doumergue à Nice, dont la cérémonie commémorative au monument de Rauba-Capeù constituait un des points d’orgue. L’opposition communiste l’a accusé à la fin des années 1930 de favoriser la spéculation foncière et de conflit d’intérêt dans les dossiers de l’hippodrome et de l’aéroport de Nice.

Si c’est lui qui est retenu en 1919 lors du concours pour le « monument du souvenir » de Nice, en 1926 il n’est que second, derrière Marcel Dalmas – son compétiteur malheureux sept ans plus tôt avec le projet de monument « A mon frère » – pour celui du nouveau casino municipal de Nice (« Palais de la Méditerranée »). Il construira en revanche les casinos de Cannes (1929) et Menton (1934).

On doit en outre à Séassal les monuments aux morts de Cuers et Gonfaron, la statue de Napoléon à Ajaccio (1938), des immeubles d’habitation à Nice (villa Galland en 1926, résidence du Rouret en 1962-1963) et Antibes (palais Soleau, 1934) dans les années 1920, le lycée Claude Monet à Paris (1955), le campus Trotabas et la bibliothèque universitaire de sciences à Nice (1963 et 1966), la tour Zamansky à Paris (achevée en 1970). En 1937, il est l’architecte du pavillon français du bâtiment à l’Exposition Internationale des Arts et Techniques.

Ses funérailles ont lieu le 11 mars 1967 en l’église Saint-Etienne à Nice.

 

Sources manuscrites et imprimées :

  • Arch. dép. Alpes-Maritimes, 1 R 565, recrutement militaire, classe 1905, n° matricule 576
  • Archives nationales, dossier de Légion d’honneur n° 19800035/898/5095.
  • Guillaume Gillet, Notice sur la vie et les travaux de Roger Séassal (1885-1967), Paris : Institut de France, 1968, 22 p.
  • Presse locale et nationale