Le sculpteur : Alfred Janniot

Alfred Auguste Charles Janniot naît le 13 juin 1889 sur la butte Montmartre à Paris. Il meurt à Paris en 1969.

 

Élève du sculpteur Jean-Antoine Injalbert à l'École des beaux-arts de Paris, Alfred Janniot fait lui aussi partie des artistes de la génération du feu. Après son retour à la vie civile, il obtient en 1919 le premier prix de Rome, partagé avec le sculpteur Raymond Delamarre.

Sculpteur monumental fort apprécié de Paris à New-York dans les années 1930, tailleur de pierre autant que modeleur, Janniot témoigne dans son œuvre à la fois de l’héritage de la statuaire classique et d’une exubérante créativité ; il a marqué l’histoire du style Art-Déco.

En 1925, il réalise pour le « Pavillon du Collectionneur » du décorateur Jacques-Emile Ruhlmann à l’Exposition Internationale des Arts Décoratifs de Paris un Hommage à Jean Goujon représentant les Trois Grâces. La mythologie et le nu féminin restent parmi ses motifs préférés. En héritier des sculpteurs classiques de la Renaissance, Janniot a célébré tout au long de sa carrière le corps idéalisé de la femme éternelle, nourricière et voluptueuse.

Les deux œuvres présentes à Menton, Perséphone et Février, sont d’autres exemples emblématiques de son goût prononcé pour le nu et la mythologie antique.

A Nice, Janniot est à la fois le sculpteur des deux hauts-reliefs, l’Esprit de la guerre et les Bienfaits de la paix, du monument aux morts (achevés en 1927), lieu de mémoire et de recueillement, et des bronzes de la fontaine du Soleil place Masséna, lieu de vie et de fêtes.

Lors de l’Exposition Coloniale organisée à Paris en 1931, Janniot se voit confier un immense chantier : la décoration du Palais de Colonies construit par l’architecte Laprade. Assisté de praticiens, il réalise une gigantesque « tapisserie de pierre » de 1 200 m², illustrant, sous forme d’allégories, la richesse exotique du monde colonial. Une faune abondante et une flore luxuriante composent le cadre idéal des activités séculaires des peuples indigènes des quatre coins du monde telles que la récolte du caoutchouc et du coton ou de la soie.

En 1937, l’Etat confie à Alfred Janniot une nouvelle décoration monumentale pour le Palais de Tokyo, destiné à abriter les musées d’art moderne à l’issue de l’Exposition Internationale des Arts et Techniques. Janniot y exécute deux bas-reliefs sur les thèmes des Légendes de la terre et Légendes de la mer où se retrouvent ses motifs de prédilection : le groupe des Trois Grâces, Eros et Apollon.

Janniot participe également à la grande aventure des paquebots transatlantiques en décorant les deux joyaux de la flotte maritime française, l’Île de France et le Normandie.

Professeur à l'École des beaux-arts de Paris où il enseigne l’art monumental de 1945 à 1959, Janniot est élu en 1961 au cinquième fauteuil de l'Académie des beaux-arts, section sculpture, comme successeur d’Armand Martial.

 

Sources et bibliographie :

  • Archives nationales, dossier de Légion d’honneur n° 19800035/992/14782
  • Étienne Martin, Notice sur la vie et les travaux d’Alfred Janniot (1889-1969), Paris : Institut de France, 1971, 22 p.
  • Anne Demeurisse (dir.), Alfred Auguste Janniot - 1889-1969, Paris : Somogy, 2003.
  • Anne Demeurisse, Michel Giraud, Claire Maingon et Fabienne Fravalo, Alfred Janniot, 1889-1969 : à la gloire de Nice, Paris : Galerie Michel Giraud, 2007.