Présentation

Le monument aux morts de Nice

quai Rauba Capeù

La Ville de Nice / à ses fils morts / pour la France /
Souvenez-vous des œuvres / que nos pères ont ac/complies de leur temps /
et vous recevrez une / gloire et un nom / immortels

En août 1914, chacun rêvait d’une guerre courte et victorieuse. Or elle va durer et tuer, en masse. Dès 1915 à Nice le conseiller municipal Louis Martiny suggère de voir élever aux « enfants de Nice morts pour la Patrie, un monument digne d’eux et de leur ville natale ». La notion de devoir de mémoire émerge. Le deuil devient collectif car tous ces hommes, tués au combat, morts de leurs blessures dans les ambulances du front ou les hôpitaux de l’arrière, ou décédés suite aux privations endurées dans les camps de prisonniers et les tranchées, ces « morts glorieux », manquent à leurs familles, à leurs amis, à leurs concitoyens.

A Nice, le projet d’érection d’un « monument du souvenir » est symboliquement approuvé par le dernier conseil municipal de l’année 1918. Un concours d’architectes est ouvert imposant l’implantation, le pied du « rocher sacré » –- la colline du château –, « face à la mer, immensément bleue, au pied du donjon qui fut le témoin de notre histoire locale, près de l’Acropole Niçoise ».

En août 1919, sur 54 concurrents inscrits, 32 projets sont remis et exposés dans le hall du casino municipal. En majorité originaires du sud-est, les concurrents sont eux-mêmes issus de la « génération du feu », l’un est une « gueule cassée », deux ont des frères morts au champ d’honneur.

Le jury a retenu cinq d’entre eux :

  • Le lauréat, « Capeline niçoise sur fond blanc », par Roger Séassal, architecte ;
  • « Palme d’or et ruban tricolore », par Paul Tournon, architecte, et Antoine Sartorio, sculpteur ;
  • « Gloria », par Pierre Guidetti ;
  • « Arma virum que cano », par Gaston Messiah ;
  •  « A mon frère », par Marcel Dalmas.

 

Le projet réalisé entre 1924 et 1928 à Rauba-Capeù pour un coût d’environ 3 millions de francs par le Niçois Roger Séassal (1885-1969), Grand prix de Rome en 1913, le sculpteur parisien Alfred Janniot (1889-1969) et les entrepreneurs Antoine et André Groppo, est un édifice de 32 mètres en pierre de Comblanchien (Côte-d'Or) aménagé dans les anciennes carrières creusées au flanc de la colline du château, précédé par un grand parvis dallé de pierre et cinq gradins représentant les cinq années de guerre. Au centre, une urne abrite un reliquaire en bronze renfermant environ deux mille plaques symbolisant les morts niçois tombés au combat. Sur son socle, à droite et à gauche de l’aigle de Nice, deux hauts-reliefs symbolisent l'esprit de la guerre (la liberté, la force, le feu sacré et la victoire) et les bienfaits de la paix (le travail, la fécondité, l'amour du foyer).

Il a été classé monument historique par arrêté du 24 mai 2011.

Le monument aux morts numérique

En 2014, la Ville de Nice a souhaité renouveler la forme de cet hommage par le biais d’un site internet qui mette à disposition du public une base de données des Niçois « Morts pour la France » documentée par les Archives municipales.

Cette application interactive sera enrichie par les documents (objets, photographies, lettres, journaux…) et témoignages (écrits, vidéos, sonores, etc.) ajoutés par les internautes qui souhaiteraient s’associer à cette commémoration des disparus de la Première Guerre mondiale.