Emmanuel Cotto 1882-1969


Emmanuel Cotto 1882-1969, blessé à Verdun. Notre grand-père Emmanuel, est né à Nice en 1882, blessé au cours de la bataille de Verdun au lieu-dit "La Côte du Poivre" situé dans la forêt de Verdun. Blessé au bras et à l'avant-bras gauche par éclats d'obus et balles de Shrapnel le 29 juin 1916, il a échappé par miracle à l'amputation. Lorsqu'il a été atteint, un collègue l'a soutenu jusqu'à une infirmerie itinérante installée en pleine campagne. Voyant une file interminable de soldats blessés qui attendaient leur tour d'être soignés et où faute de temps, on amputait à la chaîne, il a demandé à être accompagné à une infirmerie plus éloignée du front qu'il avait remarquée précédemment dans l'espoir de pouvoir être mieux pris en charge. Ce fut effectivement le cas, le chirurgien put lui accorder du temps, il lui demanda quel métier il faisait "- employé de banque - ah, il faut que tu aies une bonne présentation, alors je vais essayer de te conserver ton bras." [le bras fut sauvegardé mais toutefois il n'a jamais plus pu en faire un usage normal : par exemple, bêcher son potager ou ne serait-ce qu'enfiler une veste. Par chance, ce handicap n'était pas visible.] Un courrier adressé à son épouse Marie témoigne de son espoir d'être transféré dans un hôpital "chez nous" (à Nice). Hélas, entre hospitalisation et convalescence, il devra rester 16 mois à Châtel Guyon. Une anecdote : Emmanuel dépérissait, il n'avait aucun appétit et le médecin s'en désolait. Un jour il lui demande quel plat lui ferait particulièrement envie. Emmanuel retrouve le sourire à cette idée et, en bon niçois qui avait le mal du pays, lui répond : -des tomates et des PATES. Le médecin trouva cette requête bizarre parce que dans le Massif Central on ne consommait pas de pâtes, c'était alors inconnu. Mais comme il désirait à tout prix que son malade reprenne des forces, il fit l'impossible pour se procurer des pâtes. Quelques jours plus tard, on livrait tout un chargement de vermicelles : des cheveux d'anges pour la soupe ! Les blessés durent consommer des vermicelles pendant des mois. Et notre Emmanuel n’eut pas les pâtes dont il rêvait : des grosses pâtes bien consistantes qui remplissent bien l’estomac et remontent le moral. La Bataille de Verdun a duré de février à décembre 1916, le village de Louvemont-Côte du Poivre est l'un des 9 villages français entièrement détruits pendant la première guerre mondiale qui n'a jamais été reconstruit. C'est dire l'extrême violence des combats. 4 photos sont jointes : en formation au fort de la Drette en 1915 ; dans les tranchées puis après sa blessure, en convalescence à Châtel-Guyon, assis le bras en écharpe.

Mireille et Georges Samitier-Cotto