Louis Michel


Louis Michel était né le 11 décembre 1889 à Touët-de-l'Escarène. Célibataire, il était le fils de François Michel et Marie Caroline Massiéra.

Employé de commerce à Nice, domicilié 6 rue de Foresta, châtain, mesurant 1 m 60, il appartenait à la classe 1909 (bureau de recrutement de Nice, matricule 1747). Il était de santé fragile : lors du conseil de révision, il avait été ajourné pour faiblesse, l’année suivante exempté pour « adénite cervicale suppurée » (maladie du système immunitaire) et considéré comme apte à un service auxiliaire exclusivement.

En mars 1915 cependant il est rappelé sous les drapeaux et affecté à la 5e section des commis et ouvriers (section COA). Il y gagne ses galons de caporal. Puis, l’armée manquant de bras, un conseil de révision de 1916 le déclare finalement apte et le transfère au 111e puis au 15e puis au 28e régiment d’infanterie. Il participe alors aux durs combats du chemin des Dames dans l’Aisne et y perd la vie, dans la tranchée « Gotha », le 1er juillet 1917, à l’âge de 28 ans. Ses parents sont informés le mois suivant de sa disparition. Ils recevront ensuite le « monument de papier », signé par le président Poincaré en forme d’hommage à la Nation. Ce diplôme reproduisant le groupe monumental de la Marseillaise de Rude de l'Arc de Triomphe parisien, et citant des vers de Victor Hugo, était décerné à partir de 1916 aux familles des morts pour la France et se retrouve donc dans de très nombreuses archives familiales sur l’ensemble du territoire.

Lors de l’inauguration en janvier 1928 du monument aux morts de Nice, les familles sont relancées pour apporter leur contribution au projet communal en confiant la plaque d’identité de leur fils pour qu’elle soit conservée dans le reliquaire en pierre de Comblanchien scellé lors de l’inauguration. Gravées en nombre par le médailler parisien Avrillon, des médailles commémoratives sont remises en échange aux quelques 2 000 familles qui viendront accomplir ce geste solennel : au recto, le monument édifié par l'architecte R. Seassal, au verso un détail des groupes sculptés par A. Janniot. La médaille porte la date de l’inauguration du monument, le 29 janvier 1928. Ces médailles, propres aux morts niçois, sont donc bien plus rares que le diplôme national.

Diplôme et médaille sont aujourd’hui précieusement conservés par une des petites nièces de Louis Michel.