Marie-Louis Cochois


Marie Louis COCHOIS dit Louis COCHOIS, Certains racontent qu’il aurait émis le souhait de se retirer comme moine , sur les îles de Lerens, s’il revenait de l’enfer des tranchées où il avait vu trop d’horreurs. Mais il n’est pas revenu. Marie Louis COCHOIS , sous lieutenant au 415ème Régiment d’Infanterie , est tombé le 25 septembre 1915 à Perthes-les-Hurlus en Champagne, atteint d’une balle au ventre . Il avait 33 ans. Son corps fut retrouvé sur le champ de bataille le 2 octobre et remis à l’ambulance le 4 . Sa famille fit le choix , difficile, de le laisser reposer auprès de ses camarades de combat , sur cette terre pour laquelle il avait donné sa vie . Perthes-Les-Hurlus n’existe plus aujourd’hui, rayé de la carte de France par la folie des hommes comme l’a été aussi l’existence de tant d’entre eux . Cette France pour laquelle ils se sont battus et ont donné leurs vies , cette France a rayé de ses cartes , et aussi souvent de sa mémoire, non seulement le nom de ces villages mais également celui de ces hommes qui se sont écroulés sous des déluges de feu dans l’espoir fou de voir leur pays rester libre. Pendant les 4 ans de cette guerre terrifiante, 850 soldats français sont morts chaque jour. Marie Louis Cochois est l’un d’ eux. Je ne sais même pas si cela est encore concevable pour nos esprits , aujourd’hui . Concevable , imaginable et encore moins acceptable . Mais ce fut la réalité de toute une génération d’où qu’elle fut durant quatre longues années . Troisième d’une fratrie de 12 enfants , musicien et pianiste émérite , amateur de Virgile et de poésie, modeleur ouvrier d’art , il avait profondément chevillé au coeur l’amour de Dieu et de son pays. C’était un fils et un frère aimant, un ami loyal et sincère, un camarade agréable et dévoué. Au moment de mourir c’est vers ses parents , Marie Louise PIN et Antoine COCHOIS, commerçants à Nice, que ses pensées se sont tournées une dernière fois. Une rue porte aujourd’hui encore son nom à Nice , pour se souvenir un peu de celui que l’on laissa là haut , loin , à la nécropole nationale de Somme-Suippe ( tombe 828 ) , mais dont le coeur était si profondément nissart. Trente deux membres de la famille Cochois ont été mobilisés lors de cette 1ère guerre mondiale , 30 ont été au front et au moins 4 à ma connaissance y ont perdu la vie. Extrait d’une lettre d’un camarade de Louis adressée à son frère Joseph, mon arrière grand père : «  Je me sens incapable de retracer d’une façon parfaite sa brillante conduite au feu et ces quelques lignes sans liaison aucune, écrites sous l’émotion , ne te dirons jamais ce que fut ton frère Louis. Mais elles diront à nos enfants comment il savait faire son devoir et comment il le fit, celui qui ne vécut que pour la France et pour les siens. Il vous aimait bien tous, ce cher Louis , et bien des fois je lisais dans son coeur, que sa vie n’était que pour vous et pour la Patrie. Sa mort fut belle et Dieu lui donnera sûrement une place d’honneur au milieu de ceux qu’il appelle constamment à Lui. N’oublie pas de dire à tes parents que moi non plus je ne l’oublierais pas et dis leur bien qu’il était pour moi non un camarade mais un frère . » VILLI Louis COCHOIS 1882-1915